Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 18:44

 

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  Ne souriez pas, c'est bien de cela dont il s'agit !

 

         

 

 

 

 

 

   Explications : Samedi 2 avril 2011 à 20h30, l'Association « Vigilance La Rochelle et son agglomération[1] » recevait, à la salle polyvalente de Lagord, M. Nicolas BAVEREZ --- avocat, éditorialiste au Point, historien, économiste, sociologue, biographe de Raymond Aron --- pour une conférence dont le thème était « La France et l'Europe peuvent-elles encore exister comme puissances au XXIème siècle ? ».

 

            Lors de la présentation de l'intervenant, le responsable de l'association --- M. Richard DOUARD, « chirurgien digestif universitaire de son état...  engagé en politique depuis 8 ans pour participer au renouvellement et à la reconstruction de l'opposition rochelaise » et fils de l'actuel maire de Lagord, soulignait une fois encore son aspiration à renouveler l’opposition rochelaise..

à tel point que Nicolas Baverez  l'a remercié en lui témoignant (lapsus révélateur)  « sa joie d'être ici à La Rochelle ». M. Douard père, maire du « dernier bastion de résistance à l’hégémonie rochelaise » n'a pas relevé que l'on était sur le territoire de la commune de Lagord !

 

            Dans l'assistance, outre le maire de Lagord, on remarquait notamment la présence du sénateur UMP Claude BELOT (maire de Jonzac) et de M. Pierre Dermoncourt, conseiller UMP de la Rochelle.

            Le public (environ 150 à 200 personnes) était majoritairement constitué d'amis et/ou de relations du maire de Lagord ainsi que de sympathisants. La moyenne d'âge était relativement élevée (+ de 60 ans majoritaires) et la jeunesse était quasiment absente.

 

            L'intervention du conférencier a principalement consisté à dresser un état des lieux assez précis (mais pessimiste) de la situation actuelle,  avec une vision historique et géopolitique interessante, mais ne reposant pas vraiment sur une analyse d’économiste. Puis il a esquissé les moyens pour l'Europe (et la France en particulier) d'exister comme puissance au XXI siècle.

Présenté comme « chef de file des déclinistes », Nicolas Baverez dénonce en effet un déclin relatif de la France par rapport au reste du monde dont il situe les causes dans l'intervention trop forte et à mauvais escient de l'État dans l'économie ou la fiscalité trop lourde. La France, selon lui, reste le seul pays développé qui s'échine à maintenir le modèle "caduc" d'économie fermée et administrée, voire crypto-staliniste, des années 1960 (voir l'article de Wikipedia   ).

 

            Les antiennes habituelles (coût des 35 heures, des fonctionnaires, d'une économie administrée, du déficit structurel de nos finances publiques, de nos politiques keynésiennes, de congés payés trop longs, d'heures travaillées insuffisantes, etc..) ont ravi un public majoritairement acquis par avance.

 

            En l'écoutant décliner un discours parfaitement rôdé, on pouvait toutefois se demander si le haut-fonctionnaire qu'il fut, et son appartenance à cette « intelligentsia » financière qu'il fréquente, ne sont pas, parfois, à l'origine de quelques remords ou contradictions. Ainsi, au public qui crie haro sur les fonctionnaires, il précise que « la fonction publique possède des agents de très haut niveau... que l'on ne retrouve pas dans le privé ». Mais quand il cite la Suède comme exemple à suivre, il oublie de mentionner que le poids du secteur public y est nettement plus important qu'en France (Part des emplois publics dans l'emploi total : 29% de la population active en Suède contre environ 22% en France[2]).

            Plus grave encore, s'agissant du conflit qui a paralysé le port de Marseille fin 2010 ou des comparaisons faites entre la France et l'Allemagne (qu'il encense), Nicolas Baverez s'est bien gardé de rétablir la vérité et de dénoncer certains propos faussement véhiculés par des proches de son hôte qui vilipendaient des « fonctionnaires toujours en grève» ou ceux bloquant les ports (sic – en réalité les dockers de Marseille).

 

            Le conférencier a ainsi omis de préciser que les dockers n'étaient pas des fonctionnaires mais des employés du secteur privé (convention collective de la manutention et des ports suite à l'accord-cadre prévu par la loi du 4 juillet 2008 portant réforme portuaire) et que, s'agissant de Marseille, la manutention et les dockers avaient trouvé un accord sur l'épineuse question de la reconnaissance de la pénibilité des métiers portuaires... que l'Etat a cependant refusé d'entériner (et qui a conduit au blocage avec les conséquences que l'on sait).

 

            Pareillement, il n'a pas évoqué la réforme générale des politiques publiques (RGPP) qui désorganisent les services publics et les vide de leurs personnels[3]. Le rapport du Médiateur de la République (en date du 21/03/2011) est à cet égard édifiant.

 

            S'agissant de la comparaison avec l'Allemagne, on rappellera d'abord que, contrairement à la France, le taux de syndicalisation des personnels y est très nettement supérieur car cela leur donne droit à l'application de la convention collective, ce qui explique aussi des salaires plus élevés et une plus grande fidélité à l'entreprise. Les employeurs, les organisations d'employeurs, et les organisations de salariés se reconnaissent mutuellement. Elles contractent ensemble et l'Etat s'interdit d'intervenir dans ce champ. Il limite sa capacité d'intervention.  Et contrairement à la France, les patrons allemands ne cherchent pas à délocaliser systématiquement leur production à l'étranger pour faire plus de bénéfices mais investissent dans les technologies haut de gamme qui rapporteront dix fois plus et maintiendront l'emploi local.

 

            Quant à la durée hebdomadaire du travail, on soulignera ensuite qu'elle est plus élevée en France (38 h) qu'en Allemagne (35,7 h), comme l'a rappelée Pierre-Alain Muet, ancien président délégué du Conseil d'analyse économique[4] : «  La durée hebdomadaire moyenne du travail a toujours été plus élevée en France qu'en Allemagne et dans les pays européens plus développés. En 2009, dernière année disponible dans les statistiques de l'OCDE, la durée hebdomadaire moyenne du travail de l'ensemble des actifs s'élevait à 38 heures dans notre pays, nettement supérieure à celle de nos voisins, Allemands (35,7 h), Suédois (36,3 h), Britanniques (36,6 h), Suisses (35,1 h), Norvégiens (33,9 h), Danois (33,7 h), et a fortiori Hollandais qui, champions du temps partiel choisi, ont une durée hebdomadaire moyenne de 30,6 heures

 

            Sur toutes ces questions, on trouvera les statistiques correspondantes dans les publications  de l'OCDE :

-   durée annuelle du travail

-   durée hebdomadaire du travail 

-   taux de chômage harmonisés 

 

            Tout au long de la conférence, les mots de compétitivité, de productivité, de coût financier reviennent en boucle. Le coût social, le coût humain, le coût environnemental --- jamais évoqués --- ne faont pas partie de l’échelle des valeurs de ce capitalisme.

          

  En conclusion, on ne peut que regretter que M. Baverez puisse, dans de telles circonstances, s'abstenir de rétablir la vérité. L'intellectuel qu'il est n'en ressort pas grandi et le populisme a encore de beaux jours devant  lui..

La conférence avait commencé par l'affirmation "le 20ième siècle a vu la fin des idéologies". Hélas ! toute l'intervention démontre le contraire, en prouvant la vigueur de ce capitalisme suranné, aveugle, ignorant les hommes et ..... totalement idéologique !

                                                                                                                                            A.R.  et   V.D.

 

Documents :

- une video à déguster : Xavier Mathieu le Délégué CGT de l'usine Continental Clairoix pousse un coup de gueule face à Nicolas Baverez, Jacques Attali, Lorant Deutsch, Florence Noiville.
Emission : Vous aurez le dernier mot France 2 le 30 Octobre 2009

 

- une citation de N Baverez :
«Le XXè siècle a été celui des guerres conduites au nom d'idéologies mortes. Restent à inventer les institutions qui feront vivre la liberté.»

 

- la page du Point de N Baverez

- une interview du sociologue François Dupuy  parue dans La Tribune.fr (voir ici le 4 avril 2011, donne ses constatations la baisse de la valeur travail en France. Il n'hésite pas à dire "les entreprises s'enfoncent dans un jeu perdant-perdant avec leurs salariés" ; c'est plus réaliste que la justification purement idéologique de N Baverez "cela vient de mai 68".

 

[1]    Siège social sis 5 rue de la Rivagerie 17140 Lagord

[2]    Source : Centre d'analyses stratégiques -  Décembre 2010

 

[3]    SENAT - Rapport d'information N°35 enregistré le 13/10/2010

Par ALDS - Publié dans : Société
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Commentaires

merci aux redacteurs de cet article qui en dit long sur la démagogie politique de la droite qui frise l'extrème. Cette droite sourde aveugle qui ne débite que ses "vérités " mensongères
Commentaire n°1 posté par Christian le 31/10/2011 à 16h32
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